Les minéraux ne représentent pas une option dans un élevage de chair ou de lait ; ils sont obligatoires. Et la quantité devant être apportée au moyen des aliments est liée au milieu environnant, au type d’élevage, et la qualité du pâturage.

Ángela Mosquera, zootechnicienne de la Fundación Universitaria Agraria de Colombia (Fondation Universitaire Agraire de Colombie) et spécialiste en nutrition animale, explique que si l’alimentation basique avec la pâture est importante pour les bovins, l’inclusion du complément minéral dans la diète est tout aussi essentielle. (Voir l’article : Quelle quantité de sels minéraux apporter au bétail ? )

La scientifique signale qu’avant d’intégrer ce type de complément dans l’alimentation du bétail, l’éleveur doit réaliser des examens bromatologiques de la pâture pour identifier les déficiences minérales de sa ferme et se baser dessus pour se procurer un produit adapté à ses besoins.

Elle souligne que chaque ferme est un monde différent et précise que l’erreur principale que commettent beaucoup des éleveurs qui ne se focalisent pas sur ces détails et payer pour un accompagnement est d’acheter n’importe quel complément sur le marché.

« Le choix d’un complément, déjà sur le marché ou préparé par soi-même, doit s’accorder aux nutriments que la pâture fournit au bétail. Des éleveurs choisissent le produit selon le taux de phosphore, ce qui est mauvais vu le ce dernier peut ne pas être le seul minéral qui fait défaut au bétail. Il peut y en avoir d’autres comme le zinc, le calcium, le magnésium, entre autres » exposa l’experte.

Elle poursuit que d’un autre côté certains compléments de sels minéraux du marché peuvent parvenir à coûter très cher et plus encore quand ils deviennent connus. Une des raisons pour lesquelles explosent les prix de production.

José Gregorio Pérez, petit producteur, campagnard originaire de la municipalité de Ragonvalia au nord de Santander et technicien agricole, commente s’être rendu compte que les compléments de sels minéraux qu’il utilisait avaient quelques failles. Alors dans sa quête d’un produit capable de combler les besoins de ses animaux et économiquement viable, il se décida à fabriquer son propre complément de minéraux.

En tant que bon éleveur, il explique qu’avant de produire le complément, il est important de vérifier l’état physique, l’âge du bétail et la composition de la pâture.

Le technicien continue : « on peut travailler avec deux types de compléments minéraux, l’un pour l’élevage de chair, l’autre pour la production laitière. Ce dernier, celui que M. Pérez utilise renferme une plus forte concentration de calcium.

Le complément de sels minéraux que produit ce technicien agricole est à base de produits naturels. Le souffre provient des roches phosphoriques et le calcium des coquilles d’œufs.

Partant du fait que la coquille d’œuf est composée de 94.9 % de calcium y d’autres éléments, il décida d’utiliser cette matière première.

Pour extraire le calcium, la première étape est la récollection des coquilles. Elles sont lavées et désinfectées avec de l’hypochlorite à 1 %. Ensuite on y additionne de l’acide acétique ou vinaigre à 10 %, puis les laisser submergées dans ces substances pendant 12 heures.

L’étape suivante consiste à les faire bouillir dans ce même mélange durant deux heures, puis enlever les résidus liquides. Exposer au soleil jusqu’à ce que les coquilles soient totalement séchées puis passer au moulin pour obtenir une poudre faite de particules très fines.

« Avec ce processus, on obtient du calcium de très bonne qualité et assimilable pour le bétail » affirme-t-il.

M. Pérez signale qu’une fois les dosages de phosphore et de calcium connus, les proportions des autres éléments se calculent en fonction des besoins journaliers du bétail. On procède à combiner les deux éléments et on ajoute du sel iodé, du sel de sodium et quelques sulfates (magnésium, zinc, cuivre et souffre).

Pour finir, le tout se mélange et on y ajoute de la mélasse liquide pour augmenter la palatabilité.

Depuis qu’il a commencé à utiliser le complément de sel minéraux fait maison, l’éleveur affirme que les indices de sa production se sont considérablement améliorés. Sa production de lait, par vache, est passée de 5 litres par jour à 7 ou 8. Les jours ouvrables se sont réduits passant 150 à 90. Et la résistance aux parasites s’est aussi améliorée.

Comment préparer le complément de sel minéralisé fait maison
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